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Homme de pierres

Ma création repose plus sur une connaissance des pierres précieuses, pierres fines et minéraux que sur une connaissance artistique.
Diplômé de l'Institut National de Gemmologie (ING-Paris), et de l'Université de Nantes en Gemmologie, c'est donc bien cette connaissance scientifique qui permet d'affirmer ma liberté créative.

Plutôt qu'une classification pierre par pierre avec leurs origines et caractéristiques, j'ai trouvé plus sensible une présentation par couleurs et matières :

 
  Noir   Bleu  
  Blanc   Vert  
  Marron   Brillant  
  Gris   Rouge  
  Transparent   Jaune  
 



Le noir. Evidemment le charbon que j'apprécie particulièrement: son noir profond, sa brillance, lorsqu'on le casse en petits morceaux. C'est le charbon ramassé en 1995 avec les mineurs du Pas-de-Calais, là où ont été écrits les droits de la terre, le charbon, qui, mélangé avec mes résines, laisse sur le papier d'Ambert une trace si chaude. Les hommes préhistoriques utilisaient plutôt du charbon de bois ; dans le charbon minéral qui, lui aussi, fut végétal, il y a des millions d'années, il n'y a pas simplement ce rapport au temps, il y a aussi le rapport à l'espace, l'inconnu et profond mystère de l'espace... Est-ce pour autant que le noir doit provoquer ce sentiment de rejet et de peur ? Il est certains pays où la couleur du deuil est le blanc.
Noir de l'obsidienne (verre naturel que l'on trouve à côté des volcans) difficilement utilisable en peinture, sauf en éclats, noir des sables, noir des plages volcaniques...
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Le blanc, c'est la craie de champagne et le sable blanc des carrières de Fontainebleau, la même craie de nos tableaux ou ardoises d'écoliers... Ardoises encore, minérales (voir plus loin à couleur grise)... et le sable si fluide et fin, berceau des gogotes. La craie, comme le charbon, ne peut exprimer sa couleur que si elle est concassée, broyée avec le moulin à café, puis tamisée. Le blanc... le symbolisme de la couleur blanche si douloureux parce qu'il a trop exprimé la pureté et la virginité.
J'aimerais bien que le noir puisse un jour être la couleur de la virginité.
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Le transparent. La matière transparente, tels le cristal de roche ou le diamant, reste transparente lorsque ces derniers sont concassés et utilisés en petits éclats. On retrouve la couleur blanche uniquement en réduisant en poudre fine l'un ou l'autre. Il n'en reste pas moins vrai que chacune des matières garde ses caractéristiques: un éclat plus vif pour le diamant, dû à son indice de réfraction plus élevé. Prenez un saphir, un rubis ou une émeraude gemme, c'est-à-dire suffisamment bleu, rouge ou verte et transparente pour être montée en bague, concassez l'une de ces pierres, vous obtiendrez de petits éclats transparents. Pourquoi ? Parce que la couleur dans ce cas n'est pas véritablement une couleur, il s'agit plus d'une perturbation de la lumière à l'intérieur même de la pierre.
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Le brillant. Nul autre effet n'est celui de la vision que celui de la brillance. La brillance n'est pas l'éclat. En effet, la brillance de l'or ou du mica n'est pas l'éclat du diamant ou du zircon. La brillance se vérifie dans les cristaux de mica, ces feuilles clivables qui servaient autrefois de hublot à nos poêles à bois... Le mica du Sri Lanka, de Madagascar ou du Pakistan, se transforme en paillettes d'argent ou d'or selon qu'il s'agit de mica biotite ou de mica muscovite. J'ai ramassé un sable très fin et brillant sur une plage proche du Croisic dans lequel des fines particules de mica étaient mélangées au sable de silice.
La pyrite (minéral de fer), aussi appelée l'or des fous, ressemble effectivement à de l'or et certains mineurs, pensant être riches, avaient beaucoup de peine à rester sereins lorsqu'ils apprenaient qu'il ne s'agissait que d'un métal ferreux. La pyrite n'est pas utilisable en brillance car elle s'oxyde rapidement. Son intérêt plastique principal est d'offrir parfois de très beaux cristaux en cube.
D'autres très beaux cristaux de rutile, plus rare, encore appelés poétiquement cheveux de vénus, offrent une brillance extraordinaire.
Toutefois, les cristaux de mica gardent ma préférence, ils éclairent toutes les terres comme s'ils en étaient l'âme.
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Le vert. La couleur verte s'obtient principalement avec une roche appelée la malachite, un carbonate de cuivre que l'on trouve aussi bien en Oural, qu'au Zaïre, en France aussi, à côté de Lyon, à Chessy les Mines. C'est un vert printemps très vif que l'on peut comparer dans sa valeur chromatique au Lapis Lazuli pour le bleu. Si la couleur verte est omniprésente dans le monde végétal, elle demeure très rare dans le monde minéral. La dioptase, une autre pierre d'Afrique, ainsi que quelques minéraux à base de Nickel, offrent des possibilités de couleur verte, moins intense que celle de la merveilleuse malachite.
Comme la couleur bleue minérale, j'ai toujours beaucoup de difficultés à utiliser la couleur verte malachite dans mes compositions. Est-ce son symbolisme lié à la destinée, plus qu'à la nature ou bien sa définition maléfique ? En effet, au moyen-âge, le vert était la couleur du diable.
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Le bleu. Parcelle de ciel... Saint-Jean écrit "qui saphir regarde, doit se remémorer la joie du ciel et être plein d'espoir".
Bleu si féérique du Lapis Lazuli des montagnes d'Afghanistan, ce même bleu, si rare déjà, utilisé par Giotto, ce bleu si doux lorsque je le broie, éveille tous mes sens.
Depuis le siècle dernier, le Chili aussi produit du Lapis Lazuli. Il y a le bleu de l'azurite d'Afrique du Sud ou de Bou Azer au Maroc, également l'azurite-chessylite de Chessy les Mines, toujours près de Lyon.
Il y a aussi le bleu-vert de la Turquoise que les égyptiens utilisaient pour enduire leur ouchaptis (statuettes mortuaires que les égyptiens lançaient dans leurs tombeaux comme aujourd'hui nous lançons parfois des fleurs) ou bien comme fard à paupières. Il y a la sodalite, plus sombre. Enfin, le bleu précieux du saphir de Ceylan, de Thaïlande, d'Australie, du Montana ou de Madagascar.
Les croix de la série de tableaux "J'irai marcher dans les vignes du Seigneur" (Juin 2000) sont réalisées avec du Lapis Lazuli d'Afghanistan.
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Le brun-marron. Lorsque l'on pense à la terre, c'est la première couleur qui vient à l'esprit. Il y a évidemment toutes les nuances possibles et les liens ne manquent pas... le premier d'entre eux est certainement sous vos pieds en ce moment: même s'il y a de la moquette, du béton, du goudron ou du plastique, la terre est juste dessous !
Le brun marron peut étaler ses nuances jusqu'aux ocres jaune, jusqu'aux rouges rouilles des latérites ou bien jusqu'au vert olive des glaises.
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Le jaune. Seul le soufre reste difficile à utiliser comme couleur... mais les terres jaune: quelle diversité ! de l'or lui-même jusqu'aux jaunes sombres des terres du Beaujolais, de l'ambre mielleuse de la Baltique aux terres de Toscane ou de Provence... Dans les pierres taillables, gemmes, c'est la citrine, la topaze ou le saphir jaune. J'aime tamiser dans un bac d'eau une terre jaune. Est-ce son lien avec la lumière ? le soleil ? ou bien est-ce la première perception de la spiritualité et du ciel ?
C'est la lumière qui éveille et qui élève.
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Le gris. La terre grise n'est pas triste. Avez-vous déjà manipulé dans vos mains une poignée de shiste ou bien fait glissé des ardoises l'une sur l'autre ? La trace grise laisse un sentiment de force et de sérénité. La couleur grise minérale met en valeur toutes les autres terres, pas simplement celles qui sont plus lumineuses tel le jaune.
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Le rouge. Le rouge vif dans la terre est une couleur très rare. Oui, le rouge est très présent dans le monde végétal (fleurs, fruits mûrs, ...). Oui, le rouge est très présent dans le monde vivant...
Le rouge comme le vert est une couleur passagère, le vert d'avantage relié à une saison, le rouge d'avantage relié au rythme du jour : le lever du jour, un coucher de soleil.
Ma conviction, pour revenir à la terre, est que le rouge vif de la terre est le sang des êtres vivants... il n'est donc pas présent. Ou alors, présent de manière très fugace, tel le rouge instable des terres des mines d'Arsenic (poison) ou certaines terres rouges radioactives... elles aussi très toxiques.
Le rouge oranger de la crocoïte d'Australie donne, une fois broyé, un jaune safran !
Le rouge du rubis ou du spinelle sont les larmes du sang de la terre. Appliqués à la peinture, si on les concasse, les petits morceaux deviennent transparents...
Les terres rouges les plus vives proviennent d'Auvergne. Ce sont des petites poches qui, certainement, ont été chauffées par l'activité volcanique. Ces rouges là, s'ils ne sont pas rouge vif, sont toutefois beaucoup plus intenses que les latérites d'Afrique.
En rédigeant ce texte, Nelson, mon fils, me fait remarquer que presque tous les pays ont un drapeau avec du rouge... sur 195 pays, seuls 53 n'ont pas de couleur rouge dans leur drapeau... 27% des pays auraient-ils défini leur territoire sans verser une goutte de sang ?!
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